Cancer : état des lieux, chiffres clés et avancées

27 octobre 2026

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En France, le cancer constitue la principale cause de mortalité chez les hommes et arrive au deuxième rang chez les femmes, selon l’Institut national du cancer (INCa). Combien de nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année ? Comment évoluent la mortalité et les perspectives de survie ? Quel rôle jouent la prévention, le dépistage et les progrès thérapeutiques ? 

Nous vous proposons de faire le point sur la situation des cancers en France, sur les avancées réalisées ces dernières années et sur les défis qui demeurent. 

 

Dans cet article : 

    • Quels sont les chiffres clés et les tendances des cancers en France ?
    • Quels sont les principaux facteurs de risque et comment prévenir les cancers ?
    • Quels sont les cancers concernés par le dépistage organisé en France ?
    • Quelles sont les avancées thérapeutiques dans le traitement des cancers ?

Cancers en France : que disent les dernières tendances ?

En 2023, 433 136 nouveaux cas de cancer ont été estimés en France métropolitaine. Derrière ce chiffre global, les dernières données disponibles dessinent des évolutions différentes selon le sexe et les cancers. 

Une incidence qui tend à se stabiliser chez les hommes

Sur la période récente, les tendances apparaissent plutôt encourageantes chez les hommes. Entre 2019 et 2023, l’incidence de l’ensemble des cancers est restée quasiment stable (+0,06 % par an). Chez les femmes, la dynamique reste en revanche moins favorable (+0,25 % par an), sous l’effet notamment d’une progression marquée des cancers du poumon (+3,6 % par an) et du pancréas (+1,6 % par an).

En nombre de nouveaux diagnostics, trois cancers concentrent une part importante des cas recensés en France : 

  1. Cancer du sein : 61 214 nouveaux cas estimés en 2023 
  2. Cancer de la prostate : 59 885 cas selon les dernières estimations disponibles 
  3. Cancer du poumon : 52 777 nouveaux cas estimés en 2023 

Fréquence et mortalité : deux réalités différentes

Les cancers les plus fréquemment diagnostiqués ne sont pas nécessairement ceux qui entraînent le plus de décès. L’écart entre incidence et mortalité s’explique en grande partie par des pronostics très différents selon les cancers. 

L’Institut national du cancer distingue ainsi les cancers à pronostic favorable, comme ceux de la prostate ou du sein et les mélanomes cutanés, de ceux à pronostic intermédiaire, comme les cancers colorectaux ou du col de l’utérus, et de ceux à pronostic défavorable, comme les cancers du poumon, du foie ou du pancréas. 

Ces différences s’expliquent notamment par la localisation de la tumeur, son stade au moment du diagnostic, ses caractéristiques biologiques, l’âge de la personne concernée et les traitements disponibles. 

Les trois cancers responsables du plus grand nombre de décès par an, en France :  

  1. Cancer du poumon : 31 167 décès 
  2. Cancers colorectaux : 16 930 décès 
  3. Cancer du pancréas : 13 375 décès 

Une mortalité qui diminue, des perspectives de survie qui progressent

À l’échelle de l’ensemble des cancers, l’évolution de la mortalité constitue l’un des signaux les plus encourageants de ces dernières années. 

Entre 2019 et 2023, le taux de mortalité a diminué en moyenne de 1,61 % par an chez les hommes et de 0,76 % chez les femmes. Ce recul s’explique notamment par une amélioration de la prise en charge des cancers les plus fréquents, à laquelle s’ajoutent des diagnostics plus précoces et des progrès thérapeutiques majeurs. 

Les avancées sont également visibles lorsque l’on observe la survie à plus long terme. Entre 1990 et 2015, la survie à cinq ans1 a progressé de 21 points pour le cancer de la prostate, de 9 points pour le cancer du sein et de 11 points pour le cancer du poumon. Des progrès importants, même si les perspectives de survie restent étroitement liées au pronostic de chaque cancer. 

Et chez les moins de 40 ans ? 

Chez les 15-39 ans, l’incidence globale des cancers a diminué de 0,79 % par an entre 2015 et 2020. 

Toutes les localisations ne suivent cependant pas la même trajectoire. Sur l’ensemble de la période étudiée, plusieurs cancers ont notamment vu leur incidence progresser dans cette tranche d’âge, parmi lesquels les lymphomes, les cancers colorectaux, du sein et du rein. 

Ces évolutions soulignent l’importance de poursuivre les recherches pour mieux comprendre les facteurs de risque en jeu et renforcer la prévention auprès des adolescents et des jeunes adultes. 

Prévenir les cancers : sur quels facteurs peut-on agir ?

Certains facteurs de risque de cancer, dits internes, sont liés à l’âge ou à des prédispositions génétiques et ne peuvent être modifiés. D’autres, dits externes, sont associés aux habitudes de vie, à l’environnement ou à certaines expositions professionnelles. C’est principalement sur ces derniers que peuvent agir les mesures de prévention visant à réduire le risque de cancer. 

Selon les estimations de l’Institut national du cancer, près de la moitié des cancers pourraient être évités en limitant l’impact des principaux facteurs de risque externes. Les quatre principaux sont : 

  1. Le tabac : environ 68 000 nouveaux cas de cancer lui sont attribuables chaque année, soit 20 % des nouveaux cas diagnostiqués. 
  2. L’alcool : sa consommation est associée à près de 28 000 nouveaux cas par an, ce qui représente 8 % des diagnostics. 
  3. Le surpoids et l’obésité : environ 18 600 nouveaux cas de cancer leur sont attribuables chaque année, soit 5,4 % des cancers diagnostiqués. 
  4. Une alimentation déséquilibrée : elle contribue dans des proportions similaires, avec 5,4 % des nouveaux cas de cancer qui lui sont attribuables. 

Année de référence des estimations : 2015. 

Si tous les cancers ne peuvent être évités, ces données montrent qu’une part importante d’entre eux pourrait être prévenue en agissant sur certains facteurs de risque comme le tabac, l’alcool, le surpoids ou l’alimentation. 

Des programmes nationaux de dépistage pour faire reculer les cancers

Trois programmes nationaux de dépistage organisé sont aujourd’hui déployés en France pour les cancers du sein, colorectal et du col de l’utérus. Ils s’adressent à des populations définies selon l’âge, les antécédents personnels et familiaux, le niveau de risque de chaque personne, à des moments où le bénéfice du dépistage a été démontré. Leur objectif est commun : favoriser une détection aussi précoce que possible et réduire, à l’échelle de la population, le nombre de cancers et de décès qui pourraient être évités. 

Cancer du sein : l’importance d’un dépistage régulier

Avec plus de 61 000 nouveaux cas estimés en 2023, le cancer du sein est à la fois le plus fréquemment diagnostiqué et la première cause de décès par cancer chez les femmes. Selon l’Institut national du cancer, lorsqu’il est détecté à un stade précoce, le cancer du sein présente un excellent pronostic, avec un taux de survie à cinq ans, proche de 99 %. Les perspectives de survie peuvent toutefois varier selon les caractéristiques de la tumeur et la situation de chaque personne concernée. 

La détection précoce est précisément l’objectif du programme national de dépistage, proposé tous les deux ans aux femmes âgées de 50 à 74 ans ne présentant ni symptôme ni facteur de risque particulier. Celui-ci associe un examen clinique des seins à une mammographie prise en charge par l’Assurance Maladie. 

Pour en savoir plus sur le dépistage organisé du cancer du sein, découvrez notre article dédié. 

Cancer colorectal : détecter tôt pour mieux prévenir

La campagne nationale de dépistage du cancer colorectal s’adresse aux femmes et aux hommes âgés de 50 à 74 ans ne présentant pas de facteur de risque particulier. Tous les deux ans, les personnes concernées sont invitées à réaliser chez elles un test immunologique reposant sur un simple prélèvement de selles. 

Le dépistage constitue un enjeu majeur pour ce cancer, qui reste la deuxième cause de décès par cancer en France. En cas de résultat positif, une coloscopie permet non seulement de détecter un éventuel cancer à un stade précoce, mais aussi d’identifier et de retirer certaines lésions précancéreuses avant qu’elles n’évoluent. 

Pour en savoir plus sur le dépistage organisé du cancer colorectal, découvrez notre article dédié.

Cancer du col de l’utérus : un dépistage qui évolue avec l’âge

Selon l’Institut national du cancer, 90 % des cancers du col de l’utérus pourraient être évités grâce au dépistage des lésions précancéreuses. Depuis 2018, le programme national de dépistage s’adresse aux femmes de 25 à 65 ans et repose sur une surveillance régulière adaptée à l’âge. 

Entre 25 et 29 ans, deux examens sont réalisés à un an d’intervalle, puis un troisième trois ans plus tard lorsque les résultats sont normaux. À partir de 30 ans, le dépistage est réalisé tous les cinq ans. 

Cette surveillance régulière permet de détecter précocement les anomalies provoquées par le papillomavirus humain (HPV), un virus impliqué dans la grande majorité des cancers du col de l’utérus, et d’intervenir avant qu’elles n’évoluent vers un cancer. 

En complément du programme national de dépistage, la prévention du cancer du col de l’utérus repose également sur la vaccination contre les HPV. Recommandée par les autorités de santé  

chez les adolescents, filles et garçons, elle permet de prévenir les infections par les principaux HPV responsables de ce cancer. Ces deux moyens de prévention sont complémentaires. Même vaccinées, les femmes doivent poursuivre le dépistage selon les recommandations en vigueur. 

Vers une nouvelle campagne de dépistage organisée ?

Une quatrième campagne nationale de dépistage pourrait voir le jour. Elle viserait le cancer du poumon, qui reste aujourd’hui la première cause de décès par cancer en France. 

Depuis mai 2026, un programme pilote évalue la faisabilité d’un dépistage à grande échelle auprès des personnes les plus exposées au risque. 

Si ses résultats sont concluants, il pourrait ouvrir la voie à un quatrième programme national de dépistage organisé d’ici 2030. 

Des progrès thérapeutiques qui ouvrent de nouvelles perspectives

La prise en charge des cancers a considérablement évolué au cours des dernières décennies. Aux traitements bien établis comme la chirurgie, la radiothérapie ou la chimiothérapie se sont ajoutées de nouvelles approches, capables de cibler plus précisément certaines caractéristiques de la maladie ou de mobiliser les défenses immunitaires du patient. 

L’immunothérapie, une nouvelle façon de combattre le cancer

Parmi ces avancées, l’immunothérapie a profondément renouvelé le traitement de certains cancers. Son principe est différent de celui de la chimiothérapie : plutôt que d’agir directement sur les cellules cancéreuses, elle cherche à aider le système immunitaire à mieux les reconnaître et à les combattre. 

C’est notamment le rôle des inhibiteurs de points de contrôle immunitaire. Ces médicaments aident le système immunitaire à reconnaître et à combattre les cellules cancéreuses qui parvenaient jusqu’alors à lui échapper. Cette approche est aujourd’hui utilisée dans la prise en charge de plusieurs cancers, notamment ceux du poumon, du rein ou de la vessie, ainsi que certains mélanomes.  

Les CAR-T, des cellules immunitaires reprogrammées contre le cancer

Autre avancée thérapeutique, les cellules CAR-T sont une forme d’immunothérapie personnalisée. Cette thérapie consiste à modifier certaines cellules immunitaires du patient afin qu’elles reconnaissent et combattent plus efficacement les cellules cancéreuses. Elle est aujourd’hui utilisée pour certaines formes de cancers du sang. 

Les possibilités thérapeutiques continuent donc de s’élargir. Ces avancées ne concernent pas tous les cancers ni tous les patients, leur utilisation dépendant notamment du type de tumeur, de son stade d’évolution et de l’évaluation réalisée par l’équipe médicale. Associées à des diagnostics plus précoces et à une prévention renforcée, elles contribuent toutefois aux progrès observés en matière de survie et de mortalité et ouvrent progressivement de nouvelles perspectives face à la maladie. 

 

Les données présentées dans cet article permettent de mieux comprendre les cancers, leur prévention et leur prise en charge, mais elles ne peuvent tenir compte de chaque situation individuelle. Le diagnostic, le choix d’un traitement et le suivi reposent sur une évaluation personnalisée réalisée par les professionnels de santé. En cas de question concernant votre situation, rapprochez-vous de votre médecin ou d’un professionnel de santé. 

 

Sources :  

Panorama des cancers en France, édition 2026 

Dépistage organisé du cancer du col de l’utérus | ameli.fr | Assuré 

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